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6ème arrondissement de Lyon : quand rien n'est fait pour la tranquillité publique, vous pensez bien qu'on ne va pas faire des miracles en matière de sécurité !

Publié le 15 Décembre 2012 par Fabien Perrussel

Ce mardi 11 décembre 2012, un nouveau commerce du 6ème arrondissement de Lyon a été braqué à main armée.

Le onzième en deux ans, d'après les coupures de presse du Progrès que je découpe et conserve.

Peut-être est-ce plus en réalité !

 

Cela fait quatre ans qu'au sein des Conseils de quartier du 6ème arrondissement de Lyon, mais aussi en tant que membre du Conseil de développement du Grand Lyon, je formule le voeu d'un retour de la préoccupation sécuritaire dans la politique de notre ville et de notre agglomération. Car, suite à des résultats encourageants et même assez bons, durant le mandat de Raymond BARRE (1995-2001), nous n'avons rien fait et pas même maintenu les efforts en la matière, alors que la délinquance a évolué, de plus en plus souterraine et armée.

Cela fait quatre ans que nous demandons, auprès et avec le soutien du Maire du 6ème arrondissement de Lyon et ses équipes, le renforcement des moyens humains et de dissuasion (notamment la vidéosurveillance) sur notre arrondissement. En vain.

 

Le 29 novembre dernier, à l'occasion d'une réunion publique organisée en Mairie du 6ème, en présence de Jean-Louis TOURAINE, Député et Premier Adjoint au Maire PS de Lyon, mais aussi du Directeur départemental de la Sécurité Publique (Chef de la Police Nationale dans le Rhône) et de la Directrice de la Police Municipale de Lyon, j'étais intervenu pour parler de la fameuse "Brigade cycliste" et demander quelques renseignements et données statistiques sur son activité bien discrète dans le 6ème et même dans l'ensemble de la ville, ou plus exactement pour commenter le chiffre officiel (Ville de Lyon) paru dans le Progrès quelques semaines auparavant : 0,7.

 

Ce chiffre de 0,7 est le nombre de procès-verbaux dressés par jour à l'encontre des vélos indisciplinés par une équipe de 10 agents de la Police Municipale de Lyon à temps plein sur l'ensemble de la ville ; alors même que les services du Grand Lyon évaluent à 30.000 le nombre d'infractions au code de la route perpétrées, chaque jour, à Lyon, par les cyclistes.

En effet, les cyclistes se permettent tout, et de plus en plus, puisqu'en toute impunité, à Lyon : feux rouges grillés, passage en sens interdit, utilisation des trottoirs, et même plus récemment et là encore de plus en plus la technique du faufilement consistant à "devenir piéton vert", lorsqu'à un feu la circulation automobile et deux-roues devient rouge. 

 

Je m'étais alors permis de le mettre en correspondance, sur la base même des chiffres communiqués le soir par la Police Municipale, à savoir les plus de 200 procès-verbaux quotidiens au stationnement payant non payé dans le seul 6ème arrondissement.

"Pardonnez-moi, mais vous prenez les habitants du 6ème pour des vaches à lait!", m'étais-je exclamé.

En effet, comment peut-on se permettre, dans un arrondissement largement pourvoyeur de travail, d'activité économique, d'impôts, de finances municipales en conséquence, un laxisme pareil à l'encontre des personnes de passage aux comportements illicites (les infractions susmentionnées sont sanctionnées de 90 euros d'amende par le code de la route!), simultané à un ponctionnement supplémentaire des résidents, qui ne peuvent pas se garer où ils veulent (faute de "place résidents" ou faute de place tout court), qui se font verbaliser à longueur de journée pour des questions d'horodateurs (même le samedi, maintenant!), qui devraient garer leur voiture à un parc-relais au retour du week-end, pendant que les cyclistes font ce qu'ils veulent, et d'ailleurs la quasi-totalité du temps au détriment, non de la voiture, mais du piéton?

 

"Je me mets à un feu, n'importe lequel, pas même sur un grand axe, et, seul, je vais vous en relever et vous en sanctionner des infractions", avais-je interpelé Monsieur TOURAINE et ses services, en dressant le constat de bon sens d'un sentiment et d'une réalité croissante de l'insécurité dans le 6ème, de même que d'un découragement de la population apparaissant dans les statistiques : le 6ème représente plus de 10% de la population de Lyon, guère moins de 10% des faits de délinquance à Lyon, et moins de 5% des interventions des forces de l'ordre.

Autrement dit, les habitants du 6ème ont de moins en moins l'impression qu'appeler la Police en cas de trouble de voisinage, de déambulation nocturne bruyante dans la rue en bas de leur immeuble etc. va représenter une solution au problème, à la nuisance constatée.

 

Autrement dit, les habitants du 6ème paient, paient cher, et ne bénéficient pas d'une réelle sécurité, d'un respect de l'ordre, ni du civisme, et les perspectives n'ont pas été présentées comme à l'amélioration par les intervenants du 29 novembre 2012, un gel financier devant intervenir en la matière, alors même que d'autres postes budgétaires augmentent bien à la Ville ...

 

Je le déplore encore, comme mes collègues conseillers de quartier et moi-même le déplorons depuis quatre ans, où nous voyons les nuisances à la tranquillité publique croître à vue d'oeil dans le 6ème arrondissement de Lyon, sans un véritable intérêt des pouvoirs publics en la matière, sauf, depuis peu, lorsqu'il s'agit des Berges du Rhône (image de marque de la municipalité de gauche) ou lorsqu'il s'agit du quartier des Brotteaux (car celui-ci est riche en relais d'opinion et, il est vrai, en activités tardives très nuisibles ...) ; et avec, en conséquence, un glissement, également visible à l'oeil nu, des incivilités vers la grande délinquance et le banditisme, sur l'ensemble de l'arrondissement.

 

Aussi, lorsque je reprends le détail des faits survenus, mardi après-midi (vers 16h55), en pleine période d'affluence, cours Lafayette, lieu très fréquenté et en plein centre-ville, à l'encontre d'une bijouterie, déjà cible de nombreux faits, visée avec un armement des plus lourds (1 mitraillette, 2 armes longues de type "fusil", 1 masse, notamment), avec pour conclusion une course-poursuite sans intervention de la police jusqu'à Bron (lieu d'abandon du véhicule, volé bien sûr quelques jours plus tôt, et de la fuite des bandits, qui seront peut-être repris dans quelques jours), en passant par la Part-Dieu, la Villette, Montchat et le Boulevard Pinel, je me dis qu'heureusement cette bijouterie avait bien fait de créer les conditions de sa propre sécurité à travers des dispositifs tels qu'une vitre blindée.

 

Et une seule phrase m'est alors venue à l'esprit, en reliant les constats et travaux du groupe de travail "Tranquillité publique" des Conseils de quartier du 6ème arrondissement de Lyon, les échanges en réunion publique du 29 novembre dernier, avec ce nouveau fait divers grave dans notre 6ème arrondissement : "Quand rien n'est fait pour la tranquillité publique, comment faire des miracles en matière de sécurité? C'est tout simplement impossible et intenable."

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