Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Elections européennes 2014 - quelques réactions formulées hier soir à la vue des résultats ...

Publié le 26 Mai 2014 par Fabien Perrussel

Je suis surpris que les résultats des élections européennes en France surprennent commentateurs et parties prenantes.

 

Si la politique désastreuse et l'attitude pitoyable de François Hollande et sa majorité sont sanctionnées, le score de l'UMP et ses candidats à ces élections n'est pas normal, n'est pas admissible, d'autant plus compte-tenu des qualités revendiquées des candidats UMP, soi-disant capables de convaincre tout à la fois les électeurs déçus par la gauche et ceux tentés par le vote "Front national".

 

Ce soir, le mouvement est confirmé : beaucoup trop d'électeurs qui ont voté pour la gauche en 2012, votent désormais, deux ans plus tard, pour le Front national.

 

Il y a danger et, selon moi, une nécessité pour l'UMP :
- de s'interroger quant à son aptitude à défendre les valeurs et les idées de la droite et du centre ;
- de s'interroger, en correspondance à ces dernières, sur son programme européen et ce qu'il doit être ;
- de changer ses méthodes, formes et formats de campagne ;
- de ne pas recycler les battus des autres élections et petits amis à placer en leaders et candidats aux élections européennes ;
- et de renouveler !

 

Nombreux sont les militants, adhérents, sympathisants et électeurs de notre parti, l'UMP, et plus largement de la droite et du centre, à tirer la sonnette d'alarme depuis longtemps.

Nous aurions dû gagner ce soir.

 

Je lance, toutefois, à mon niveau, un avertissement quant à la tentation que certains ont ou auraient à vouloir un rapprochement avec les forces de l'UDI-Modem, dont l'euro-optimisme excessif n'est plus à prouver, pour la suite des évènements et de prochaines échéances.

 

Nous ne devons surtout pas penser, de prime abord, à des accords politiques, politiciens, mais bien à la construction d'un programme, fort, bon, c'est-à-dire efficace et juste, de redressement de la France et de l'Europe.

 

Cet objectif programmatique atteint, avec le choix des bonnes personnes pour le concevoir et le porter en qualité de candidats, les forces politiques voisines de l'UMP, ainsi que les électeurs, viendront naturellement à elle.

Ne croire qu'à des bidouillages politiques et des effets marketing dans le choix des candidats, teintés d'autoritarisme, de copinage et d'absence de renouvellement, pour remporter des élections, quelles qu'elles soient, est illusoire et nous conduit tous, et avec nous tous les Français, dans le mur.

 

Je suis en colère et appelle une réaction de la droite et du "vrai" centre, à la hauteur des résultats de ce soir, preuves du mécontentement et de la souffrance économique et sociale de nos concitoyens, et une réaction à la hauteur de tous les enjeux du moment.

 

(...)

 

D'après les projections sur la physionomie du Parlement européen issu des élections de ce soir, j'hésite entre la survenue d'une incapacité totale pour un consensus ou encore la capacité prochaine et sarcastique de cette institution européenne à élire, comme cela a déjà été le cas dans le passé, un Président du Parlement européen issu d'une minorité politique en son sein et donc pas forcément de la majorité apparente et très relative du PPE (Parti populaire européen), auquel est rattachée l'UMP.

S'agissant de l'élection du Président de la Commission européenne, je m'insurge :

- d'une part, contre les bêtises qui ont pu être dites durant la campagne.
Non, le Parlement européen n'élit pas pour la première fois le Président de la Commission européenne : tout simplement, parce qu'il le fait depuis l'entrée en vigueur du Traité d'Amsterdam, avec les européennes de 1999, et qu'il ne s'agit pas d'une élection mais d'un vote en avis conforme qui doit être en accord avec celui du Conseil des ministres représentant les Etats et gouvernements de l'Union européenne.
Quand on n'est pas capable d'expliquer la complexité du système institutionnel européen aux électeurs, on le réforme !
- et, d'autre part, en conséquence, contre la capacité objective du Parlement européen à élire aussi aisément un Président de la Commission européenne qu'un Président du Parlement européen en son sein, correspondant à sa majorité, qui n'existe pas vraiment d'ailleurs, ce qui n'est donc pas acquis.

Expliquons l'Europe mieux ou réformons-la !
Beaucoup de nos voisins européens n'attendent que cela !
(...)
En colère ce soir, j'appelle l'UMP à réagir en matière de valeurs, idées, programme européen, méthodes de campagne et choix de candidats.
(...)
Pourquoi ne pas avoir fait d'alliance UMP/UDI aux européennes comme en mars aux municipales pourtant plus favorables à l'UMP?
Je dis stop à notre stratégie naïve et, disons le franchement, nulle.
(...)
D'un point de vue local, je retiens les 11,9% des voix aux européennes pour le Front National dans le 6ème arrondissement de Lyon, contre 3,7% en 2009 ...

Il s'agit là d'une trop forte progression, comme dans beaucoup de nos territoires.

Mais, nous devons nous demander pourquoi, et pas seulement la dénoncer.

De tels scores s'expliquent par un manque d'efficacité, de crédibilité, et par des échecs en matières économique, sociale, sociétale et civique, pour ne pas dire sécuritaire.

Ce sont des questions européennes, mais aussi et peut-être surtout des questions nationales et locales.
Nous vivons dans un monde systémique, dont les tendances et les forces ignorent de plus en plus les barrières administratives, les échelons territoriaux, d'autant plus dans la mesure où nous n'avons toujours pas pris conscience de l'enjeu de la subsidiarité et de la nécessité de répartir les compétences entre les différents échelons (au lieu de vouloir les supprimer).
Les compétences sont aujourd'hui enchevêtrées, tout comme les responsabilités dans les échecs électoraux.
Prenons cette problématique à bras le corps ou l'échec sera total pour notre famille politique, pour la France et pour l'Europe.
Commenter cet article